Liberté d’expression : Mila, 16 ans, devenue un symbole pour notre République

Mise au pilori par des obscurantistes, des communautaristes et des esprits faibles, Mila a été étrangement lâchée par des célébrités et des politiques, notamment à gauche. Les Rencontres Républicaines défendent la République et l’un de ses principes fondateurs, la liberté d’expression. Logiquement, nous soutenons publiquement Mila.

Pour avoir assumé avec force des propos contre la religion, Mila s’est retrouvée au cœur de la tempête médiatique. Menacée de viols et de mort, la lycéenne de 16 ans est devenue la cible des pourfendeurs de la liberté d’expression. Ceux-ci lui reprochent sa critique acerbe, prononcée sur des vidéos Instagram, contre la religion et plus particulièrement l’islam.

Les Rencontres Républicaines s’offusquent que des stars médiatiques ou des politiques – la plupart venant de la gauche – tentent de justifier les insultes, les violences ou le début de l’enquête judiciaire à l’encontre de Mila, pour son blasphème envers la religion et l’Islam. Concernant l’ouverture d’une enquête judiciaire contre Mila pour «provocation à la haine raciale», le parquet a respecté le droit républicain en la classant finalement sans suite. Le parquet poursuit les investigations contre les harceleurs de Mila. Nous nous inquiétons toutefois qu’il y ait eu l’existence d’un début d’enquête pour «provocation à la haine raciale». La religion n’étant pas «raciale», nous nous interrogeons sur la gangrène du discours communautariste et indigéniste qui contribue à cette confusion intellectuelle. Nous condamnons d’ailleurs les propos du délégué général du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et cadre de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, qui explique dans les médias que Mila aurait «dû se taire». «Qui sème le vent récolte la tempête», insiste-t-il pour cautionner à demi-mot la vague de menaces subie par l’adolescente.

La ministre de la justice louvoie et met en cause Mila

Nous nous inquiétons également de voir une ministre de la justice, Nicole Belloubet, le 29 janvier sur Europe 1, affirmer : «Insulter les religions, c’est porter atteinte à la liberté de conscience.» La ministre semble ainsi justifier le «délit de blasphème». Bienvenue dans l’Ancien régime.

Entre La France insoumise et Ségolène Royal, on court derrière l’électorat communautariste   

 Nous sommes tout autant inquiets de voir une ancienne ministre, ex-candidate socialiste pour la présidentielle – et soutenue par une partie du PS pour représenter le parti en 2022, Ségolène Royal, défendre avec insistance ne «pas être Mila». Elle accuse la lycéenne d’être dans une probable «crise d’adolescence», «manquant de respect» à la religion. Ségolène Royal dit notamment : «Critiquer une religion, cela n’empêche pas d’avoir du respect, de l’éducation, de la connaissance, d’être intelligent.» Du côté de La France insoumise, si ici ou , il y a bien eu de maigres soutiens à Mila, le mouvement se fait globalement discret… sans doute pour éviter de perdre l’appoint de l’électorat communautariste. La conséquence est dramatique : l’extrême droite semble la plus mobilisée pour défendre Mila face à la haine. Hormis – et c’est à leur honneur – quelques organisations comme Le Printemps Républicain, République souveraine ou Vivre la République, Mila est abandonnée par une grande partie de la «gauche». La gauche doit se réveiller et retrouver ses valeurs, celles qui ont permis à la République de trouver et prendre racine. 

Nous sommes aussi effrayés par l’attitude des néo-féministes auto-proclamés plus préoccupés par la défense du port du voile, de l’élargissement des trottoirs dans les zones sensibles ou de l’écriture inclusive que par un soutien sans concession d’une femme victime d’un lynchage. Leur silence est absurde et obscur. N’oublions pas que depuis le début de la polémique, le 19 janvier, Mila a dû, pour sa protection, être déscolarisée, et n’a toujours pas retrouvé de lycée…

Nous sommes Charlie, nous sommes donc Mila

Où sont tous les #JeSuisCharlie de 2015 ? Cinq ans après la tragédie au sein de la rédaction, sommes-nous revenus au point de départ ? Car la question n’est évidemment pas de défendre la qualité du propos de Mila. Comme il n’a pas été question, lors des attentats contre Charlie Hebdo, de défendre la qualité satirique du journal. Il s’agit de défendre le droit pour cette femme, comme pour Charlie, d’exprimer un propos contre la religion, y compris l’Islam, en toute liberté. Soutenir sans ambiguïté Charlie Hebdo et Mila, c’est lutter en faveur des libres-penseurs et des esprits critiques, c’est combattre l’obscurantisme.

Nous soutenons d’autant plus la jeune femme que celle-ci a eu le courage le 3 février de défendre la liberté d’expression et d’assumer avec force son propos, sur un plateau de télévision, «Quotidien» sur TMC. Un programme pourtant loin d’être acquis à sa cause. Force et honneur pour Mila.

7 réflexions sur « Liberté d’expression : Mila, 16 ans, devenue un symbole pour notre République »

  1. Les défenseurs de la République s’honoreraient en osant enfin interroger la véritable nature du désastre que nous sommes en train de vivre. Je crois qu’elle repose dans l’incapacité relative de cette République à fédérer de manière forte les citoyens autour de symboles et de principes communs. Cela n’a pas toujours été le cas, bien sûr. Cela n’est pas non plus une faiblesse inhérente à la République, loin de là. Mais cela est aujourd’hui une triste réalité : les symboles et principes républicains sont en crise (les élus de la nation, Marianne, le drapeau, la laïcité, la liberté d’expression, j’ajouterais même l’indivisibilité des territoires, la justice sociale…). On peut le déplorer. On peut s’écharper sur les causes de cet émiettement. On peut chercher des coupables (la gauche démissionnaire ? le communautarisme importé des Etats-Unis ? l’immigration massive ?). Mais le constat reste le même : la République traverse une crise de ses symboles.

    Le fait que les symboles soient en crise ne signifie pas qu’il faille en changer (réécrire la Marseillaise, quelle ânerie !), ni qu’il faille les adapter (la laïcité flexible made in Macron signe la mort de la laïcité). Cela signifie qu’il faut repenser la manière de fédérer autour de ces symboles. Or, que proposent les défenseurs de la République dans le contexte de l’affaire Mila ? De faire de Mila un symbole. Et c’est là que réside la plus tragique contradiction : on ne peut pas transformer n’importe quelle cause en symbole. Il faut défendre Mila, bien entendu (et à ce titre, la lâcheté de certaines personnalités, que vous dénoncez à juste titre, est criminelle). Il faut défendre Charlie Hebdo, bien entendu. Mais, de même que défendre Mila ne veut pas dire « défendre la qualité du propos de Mila » (je vous cite), de même que défendre Charlie ne veut pas dire « défendre la qualité satirique du journal »… de même défendre Mila ou Charlie ne veut pas dire « faire de Mila ou Charlie des symboles ».

    On peut défendre avec la même droiture plusieurs causes, tout en faisant preuve de jugement critique et de nuance, pour constater que tous les bénéficiaires de ces causes ne sont pas pour autant dignes d’être élevés au rang de symboles. Ce n’est ni faiblir dans la défense des principes, ni faire preuve de lâcheté, que d’affirmer : « Oui à la liberté d’expression ! défendons Mila ! mais notre symbole de la liberté d’expression n’est pas une jeune adolescente que ses propos vulgaires et un peu bêtes dépassent ». Je vous crois capable de nuance, ayant lu avec intérêt votre texte qui en fait largement preuve. C’est pourquoi j’oserais croire que vous pourrez entendre cet appel : n’ayons pas peur de faire preuve d’exigence, d’excellence et d’intégrité dans le choix de nos symboles !

    C’est précisément parce que, pour des raisons aussi nombreuses que complexes, nous avons eu tendance à rabaisser nos exigences, à laisser l’excellence s’amollir et à transiger avec notre intégrité, que la République a peu à peu dégradé ses symboles. Si nous érigeons le moindre cas individuel en symbole, aussi terribles soient les attaques contre Mila et aussi effrayante soit l’étendue du danger qu’elles révèlent, alors le mot « symbole » lui-même ne veut plus rien dire. On peut considérer que Charlie et Mila sont des victimes des ennemis de la liberté d’expression, tout en considérant qu’ils n’en sont pas les symboles pour la République. La République mérite des symboles nobles, qui se battent pour le droit de parler, mais de parler pour dire des choses intelligentes, des choses qui élèvent l’esprit, des choses qui reflètent l’exigence, l’excellence et l’intégrité que je citais plus haut – des choses à la hauteur de l’idée que l’on se fait de la République.

    Car c’est cela un symbole : c’est une figure qui rassemble, universellement et de manière forte, la nation entière. La République se doit de défendre jusqu’au bout Mila. Mais elle s’abaisserait en faisait d’elle le symbole du principe au nom duquel elle doit être défendue. Que penser d’une République qui assume de prendre pour symbole de la liberté d’expression une jeune fille tenant des propos grossiers ? Pensez-vous qu’elle soit capable de convaincre qui que ce soit ? Pensez-vous qu’elle donne envie de se battre pour défendre ce droit de tout dire, droit pourtant sacré ?

    Toutes les victimes ne sont pas des héros (ce qui n’empêche pas de soutenir toutes les victimes). La République se doit de se choisir des symboles à sa mesure, sinon à quoi bon déplorer qu’ils perdent, au fil des années, leur puissance et leur capacité à transcender les différences pour unir la nation ? Si l’on prétend que le drapeau européen est équivalent au drapeau français, et que le moindre drapeau LGBT arraché d’une mairie (acte condamnable, certes), est aussi grave que la vandalisation d’un drapeau français, ne dégrade-t-on pas la valeur du drapeau français ? Si l’on expose publiquement, dans des mairies, des bustes de Marianne à l’effigie d’une vedette de la TV (la regrettée Evelyne Thomas), ne dégrade-t-on pas le caractère universel de Marianne ? Si l’on érige le moindre adolescent victime d’odieux lynchages en symbole de la liberté d’expression, ne salit-on pas la liberté d’expression ?

    Se battre pour que même le pire des imbéciles puisse proclamer partout que le ciel est jaune ne devrait pas nous obliger à faire nôtre la devise « le ciel est jaune ». Se battre pour la liberté qu’a chacun de s’exprimer, indépendamment de la justesse des idées qu’il exprime, ne doit pas nous interdire d’avoir un regard critique sur ces idées, d’opérer une sélection, un jugement sain et rationnel, et donc de nous prononcer sur la valeur symbolique ou non de ces propos.

    Tout défenseur de la République se DOIT de défendre Mila. Il PEUT, si le slogan lui chante, affirmer « Je suis Mila » sur les réseaux sociaux, grand bien lui fasse. Mais il ne DEVRAIT PAS écrire qu’elle est « un symbole », comme vous le faites. Protéger et défendre Mila est une condition sine qua non de la liberté d’expression, mais affirmer que Mila est un symbole pour la République revient à vider la liberté d’expression de sa substance. Et c’est, je le répète, à force de laisser nos symboles se vider de leur substance, à force de leur dénier tout caractère « sacré », à force de vouloir céder à la logique du slogan, du mot d’ordre et du logo, que nous laissons la République s’enfoncer dans l’impuissance.

    C’est pour vous que je dis ça, hein. Moi, personnellement, la République vivante ou morte m’est parfaitement indifférente.

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  2. Je fais suite au dernier commentaire… En fait je trouve Monsieur Dupont que vous partez dans tous les sens. D’ailleurs l’article dit simplement qu’elle est « devenue » un symbole. Elle a été mise au coeur de la polémique, sans qu’elle le veuille à l’origine, simplement parce que des gens irrespectueux et extrémistes l’ont lynchée pour ses propos. Dire je suis Mila, comme moi-même je l’ai fait sur Twitter, c’est un symbole qui vise à apporter un soutien fort. Donc je partage totalement le contenu du communiqué.

    Et étrange votre dernière phrase sur « Moi, personnellement, la République vivante ou morte m’est parfaitement indifférente. »
    Je commente ici pour exprimer aussi mon inquiétude sur un sondage du jour qui montre q’un Français sur deux serait contre le droit au blasphème…

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  3. D’après Voltaire;
    je ne partage pas votre idée mais je vais me battre pour que vous puissiez les exprimer

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  4. la soutenir, c’est soutenir notre droit fondamentale à l’expression, article 7 déclaration des droits de l’homme de 1793. Nous ne pouvons nous laisser imposer un carcan dans lequel nous ne pourrions nous exprimer. Quant à la religion , car là est le sujet, la France est d’origine chrétienne, mais avant tout, de part la république, elle est laïc. Certain souhaiterait faire passer le droit d’expression pour du blasphème , volonté marqué d’imposer une vision personnel de la chose.

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  5. Nos politiques sont totalement responsables de l’emprise insupportable de l’islam en France. Qu ‘ils n’hésitent pas à quitter la patrie des mécréants. Le superbe vivre ensemble n’est pas possible et ils ne le veulent surtout pas.instaurer la Charia en France , qu’attend on pour prendre des mesures radicales.

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  6. Avec nos chers gouvernants d’aujourd’hui et son président multiculturaliste et mondialiste, on proteste contre les blasphémateurs et tous ceux qui ne pensent pas comme eux et notre justice en oublie même de chercher, de trouver et de condamner les petits anges islamistes qui condamnent à mort aussi facilement dans un pays où on a supprimé la peine de mort. Ils en ont oublié que nous sommes en guerre contre….l’Islam. Pardon pour l' »amalgame ».

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  7. Elle (Mila) a été mise au coeur de la polémique, sans qu’elle le veuille à l’origine(…) écrivez-vous Laurent.
    C’est bien le problème de ces jeunes et non pas de tous ces jeunes qui pour atteindre la célébrité et ce qui va avec…. l’argent, ou la « tune » sont prêts à tout et même au pire en terme de vulgarité (dans toute l’acceptation du terme). Y compris faire des « tutors » (sic)de séances de maquillage. Harcelée, elle s’est mal défendue. C’est-à-dire avec les moyens de son extrême jeunesse. Cela ne justifie pas les menaces de mort, de viol (étrange du reste de menacer de viol une personne que par ailleurs on considère comme mécréante, voire, « impure ».) Elle se doit d’être protégée. Mais en aucun cas, elle ne mérite (dans toute l’acception du terme) d’être érigée en symbole de la Liberté d’Expression, tant son expression est obscène (je n’écrirai pas « irrespectueuse ») car le Droit au Blasphème a le droit de vivre et de s’exprimer dans une société laïque où le sentiment religieux, la sensibilité religieuse, quelle que soit l’expression que l’on retienne est affaire d’intimité et a tout loisir et droit de s’exprimer, de se vivre dans des lieux consacrés.
    Une athée convaincue, grâce à Dieu, comme l’a si spirituellement (sans jeu de mots) chanté le regretté, en tout cas par moi, Mouloudji

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